mercredi, 22 novembre 2006
TAIWAN, L'ILE AUX 11 MILLIONS DE SCOOTERS
Dans un pays grand comme cinq fois la Corse cohabitent 23 millions d’habitants. Leur secret ? Se déplacer en scooters , 100 % « made in Taiwan » évidemment. Immersion dans l’enfer capitaliste chinois motorisé
Rappelez-vous, c’était en 1949, Tchang Kai Chek part se réfugier avec ses troupes sur l’île après sa défaite contre les communistes. Depuis Taiwan a connu un développement économique exponentiel et compte près de 23 millions d’habitants. Comme partout à Taiwan , la capitale est striée d’autoroutes en béton suspendues au-dessus des habitations. A côté l’échangeur de la porte de Bagnolet à Paris ressemble à un carrefour de campagne. Dès neuf heures du matin, ces bretelles sont prises d’assaut par les automobilistes venant de toutes les banlieues. Les embouteillages sont parfois monstrueux dans cette ville peuplées de 2,3 millions d’habitants.
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Pour faire face à ces engorgements, les taiwanais urbains ont opté depuis longtemps pour les deux roues. Oubliés les vélos de jadis, place aux « Motorcycles’ . Alors que des motos et cyclomoteurs en tout genre se trouvent dans beaucoup de métropoles asiatiques, Taiwan affiche une particularité étonnante : ici règne le scooter ! La vison d’un gros cube relève de l’hallucination. Dans cette ville compulsive, le scooter est donc devenu indispensable, aussi bien pour rejoindre son, bureau, le collège ou pour les sorties en ville le we mais aussi pour transporter de la marchandise, les gosses ou les animaux domestiques. Personne ne peut s’en passer, et les fabricants proposent même des kit « quadri « pour les handicapés. Deux coques dotées d’une roue viennent ici se greffer sur n’importe quel engin, assurant ainsi une totale stabilité. On remarque également de temps en temps des scooters-benne à trois roues, de quoi faire rêver le coursier moyen en France. Le scooter de Taiwan n’a pas la même dimension ludique ou affective. Les familles en possèdent deux en moyenne et chacun s’en sert en libre-service. Résultat l’île, grande comme cinq fois la Corse compte désormais 11 millions de scooters en circulation. Dans une ville comme Taipei, véritable cuvette, la pollution aux heures de pointes est devenue un problème préoccupant. En ville, les scooters ne se privent pas de slalomer entre les bus et les voitures avec néanmoins une certaine discipline. Pas question de se tirer la bourre en doublant au-delà des lignes blanches, pas d’embrouilles aux feux rouges. Afin de fluidifier le trafic et faciliter la vie aux deux roues en ville, ces derniers disposent à chaque feu d’un espace de stationnement devant les voitures. Des aires de dégagement uniquement réservés aux scooters ont été aménagées à certains carrefours pour leur permettre de tourner en toute sécurité.
A ce sujet, la législation s’est un peu durcie ces deux dernières années. Le port du casque est ainsi devenu obligatoire, l’amende est ici de 500 $NT (nouveau dollar taiwanais) soit une douzaine d’Euros. Le mot homologation n’est pas encore de mise, et les pilotes portent à peu près ce qu’ils veulent, l’intégral étant inexistant. La discipline reste un des fondement de la société taiwanaise. Il ne vient pas l’idée à un Taiwanais de garer son scoot n’importe où. (D’ailleurs ça lui coûterait près de 40 euros d’amendes) Les aires de stationnements leur sont réservées et chacun emboîte sa bécane contre celle du voisin , dans le même sens, pas un rétro ne dépasse. Toutes les machines sont bien sûr immatriculées.Le vol est quasiment inexistant sur ce type de produit, et les taiwanais n’utilisent pratiquement pas d’antivol . le rangement sous la selle reste plutôt réservé à l’imperméable, indispensable dans ce pays tropical soumis à de très fortes pluies entre mai et septembre. Dès 18 ans, chacun peut passer une sorte de licence comprenant comme en Europe des épreuves de vitesse, slalom et freinage. Ce permis revient à environ 750 NT soit ….20 eus , autrement dit rien !
D’autant que l’assurance annuelle coûte environ 25 euros, le scooter est ainsi accessible à tous. Les 50 et les 125 cc sont les deux cylindrées les plus représentatives et le prix moyen à l’achat reste en plus très abordable. If faut compter entre 1400 et 1800 euros pour une machine neuve dans les cylindrées évoquées. Le marché du scooter est bien sur florissant. La production tourne à fond, (environ 1,3 million par an) 60% part à l’exportation, principalement au Japon, en Allemagne ou aux USA. Les principales marques fabriquées sur l’île de Formose sont SYM , KYMCO, Yamaha , Tailin, Her Chee ou encore Motive Power . Côté look et couleurs, l’ensemble du parc est relativement sobre pour ne pas dire tristos, surtout que le dernier nettoyage remonte généralement à la dernière averse. A noter également l’absence totale de pare-brise. Enfin, ces machines ont l’air bien entretenues, une foule de petits ateliers, d’ailleurs assez glauques assurent l’essentiel. Certains revendent du neuf et de l’occasion,Il est presque illusoire d’y trouver une documentation.
L’île de Taiwan va au-delà du cliché traditionnel, celui d’un complexe industriel gigantesque. Le territoire compte pas moins de six parc nationaux sublimes et des rivages étonnants. Le réseau routier est remarquablement entretenu malgré les cyclones. Mais l’on peut toujours mettre son scooter dans le train, des wagons spécialement aménagés à cet effet.
10:00 Publié dans SUJETS FRANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Copyright, Richard KIRSCH, Taiwan, Chine, scooters, millions, ville























